T.Gàidhlig n’est pas mort·e


Billets

« Des personnes cherchent peut-être T.Gàidhlig en ligne. Écrivez une publication pour que votre Page soit à jour pour les nouveaux visiteurs. »

Ainsi Facebook m’encourage inlassablement, jour après jour, mois après mois, à publier du nouveau contenu. J’ai beau désactiver ces notifications me rappelant, à chacune de leurs apparitions, que les occasions sont rares pour écrire, Facebook s’en fout. Il continue de m’oppresser tel un manager peu scrupuleux qui donne des directives à son employé. Mais Facebook, regarde-moi : je ne suis qu’un·e amateur·rice à des années-lumière du génie d’un David Foster Wallace ! De plus, avec les trente-deux followers que je comptabilise sur ton réseau, mon audience est loin d’atteindre celle d’un Marc Levy pour qui écrire est davantage un acte lucratif que littéraire – sache d’ailleurs qu’il a réussi à pondre en un rien de temps le roman que j’ai mis cinq ans à terminer, avec des différences, je te le concède, la forme de nos récits n’ayant rien de comparable. Et quand bien même j’aimerais être aussi productif·ve que lui, les obligations et les épreuves que la vie m’impose comme à tout un chacun – pour peu qu’on ne soit pas un privilégié – occupent quatre-vingt-dix pour cent de mon temps libre. Avec un tel programme, Facebook, admets qu’il m’est difficile de répondre à tes exigences. Alors forcément, je te vois venir avec tes grands airs de « j’te l’avais dit, mon Zucky ! il·elle a craqué ! », mais entre nous : est-ce bien raisonnable de te voiler la face ? Si je publie ce billet, c’est avant tout pour te mettre en sourdine pendant un moment – au moins jusqu’à ce que l’un de mes textes soit recalé pour le prix ou l’anthologie auxquels je concours actuellement et, n’ayant plus besoin d’être inédit sur Internet, intègre la section « Écritures » jamais consultée de mon site d’auteur·rice. Mais avant ça, il nous faut des réponses, Facebook, et vu les délais pouvant atteindre six mois, je doute de ta patience. Alors s’il te plait, pour une fois dans ton existence d’algorithme controversé, arrête de m’envoyer ces notifications que je désactive sans cesse ni résultat. Et si par inadvertance je me méprends sur ton compte, te fustigeant au lieu de te remercier d’être soucieux de mon silence, sois rassuré : T.Gàidhlig n’est pas mort·e, il·elle commence même un nouveau roman – rendez-vous dans cinq ans.

À celles et ceux qui s’interrogeraient à propos de l’écriture inclusive présente dans ce billet, sachez que l’auteur·rice se confère un style androgyne. À l’heure où le sexe neutre s’inscrit à l’état civil, le langage épicène tombe à pic.

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